8 août 2011 1 08 /08 /août /2011 05:38

Texte original

G. Chamot


 

"Représentation de la Commune de Sullens :

Au Sujet du forage du Vin"

 

 

Les formules de politesse très obséquieuses à nos yeux pourraient faire penser que la soumission des populations était totale. Ce n'est pas exact. Voici par exemple une protestation de Sullens contre un abus de son seigneur, en 1746.

Le forage (qui vient du mot 'foire') est le droit de percevoir une taxe sur la vente du vin et autres boissons.

Le forage n'existait pas dans nos régions; or, la Dame de Sullens prétendait y avoir droit et l'autorité "baillivale" semblait y acquiescer. Mais la population de Sullens ne semblait pas disposée à s'y soumettre. Les archives possèdent une copie de la lettre de représentation adressée aux "Illustres et Puissants Seigneurs de la Chambre oeconomique du Pays de Vaud", via le "Noble et Magnifique Seigneurie Baillivale de Morges".

Le style et les références juridiques témoignent que l'on a consulté un homme de loi: en effet, le secrétaire François Henriod est allé à Echallens chez l'avocat Duveluz (dépense:3fl.6s.).

La Commune proteste donc, alléguant qu'elle pourrait requérir de la Dame de Sullens une copie du droit qu'elle prétend avoir (ce que la Commune n'a pas fait "pour faire paroitre le respect dont on est rempli" !), que le droit de forage n'est pas au nombre de ceux reconnus par le droit coutumier, que personne n'en a jamais eu connaissance, qu'il n'a jamais été perçu sur le territoire de la commune et enfin que la Suprême Chambre des Appellations, en février 1743, a débouté le seigneur de Bournens qui avait eu la même prétention.

 

Tout le ton de cette représentation est fort poli, mais très ferme. Les protestataires

semblent avoir confiance aux lois de LLEE pour obtenir gain de cause.   http://www.icone-gif.com/gif/boisson/vins/vin004.gif

Le procès a eu lieu en 1747, mais nous n'avons pas de trace du résultat. En revanche, nous connaissons les frais qui figurent dans les comptes de la même année : des vacations, des émoluments, des dîners (la Ville de Cossonay a aussi pris fait et cause pour Sullens) des pots de vin, le tout dépasse les 5l florins (y compris 4 bouteilles "de mon bon rouge", écrit le secrétaire !) (1)

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(1) voir plus haut le conflit de 1790 à propos de la vente du vin

 

 

QUANT A LA BIERE

 

 

La bière aussi donne quelques soucis à Leurs Excellences. Voyez :

 

"- Nous Jean Anthoine Herbort Baillif de Morges

 

A vous le Docte et spectable ministre de Sullens, Salut.

 

Leurs Excellences, ayant appris que l'on vendoit de la Bière à pinte dans divers endroits de leur Païs, ce qui causoit une perte notable aux cabaretiers & hôtes

 

Des tavernes établies. Pour à quoy remedier, ils ont ordonné par leur arrêt du 19e de ce mois, qu'à l'avenir il ne seroit permis à qui que ce soit dans tout le Païs de vendre de la Bière à pinte excepté dans les villes et dans icelles seulement aux dits cabaretiers et tavernes établis, sous peine de dix livres d'ammande...

 

... ce qu'aurès soin de lire en chaire Dimanche prochain pour la conduite d'un chacun.

 

Donné ce 28e May 1714"

 

Les ministres avaient charge de tout. La fréquentation du culte, il est vrai, étant obligatoire, quel meilleur moyen d'informer tout le monde

 

A PROPOS DE ''CARARET''

 

Au XVIIIe siècle, il est impossible de définir ce qu'on entend par "cabaret" ou "taverne" ou "pinte". A un questionnaire demandé en 1786 par la Chambre de I'ohmgeld (1), les autorités lausannoises répondaient : "les tavernes soit bouchons sont au nombre de 60, mais elles varient chaque année, puisque cela dépend de la fantaisie des bourgeois et habitants qui ont tous droit de vendre...le vin de leur cru...". Autant de pintes que de caves !!! Cossonay annonçait deux auberges, mais 15 les jours de foire. Selon ce questionnaire, Bournens et Boussens avaient chacun un logis à pied. Sullens n'en a pas !

 

En 1777, 4 représentants de chacune des communes de Cheseaux, Villars et Crissier (2) et Sullens sont réunis, sans compter deux avocats : comment faire ?

 

"Comme il n'y avait pas de cabaret à Sullens, on pria M. le Lieutenant Barraud de faire le dîner.... 25 florins".

 

La solution est trouvée, mais le piquant de l'affaire, c'est que ce Barraud s'était plaint au début de la même année que le gouverneur vendait du vin (sous-entendu : pas du sien).

En avait-il le droit ? Fort difficile.

Le hic, c'est que Barraud lui même avait autorisé le sieur P. Ramuz à vendre du vin deux ans plutôt !

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(1) La Chambre de l'ohmgeld est l'autorité qui surveille la perception des droits sur la vente du vin

(2) voir chapitre "Des prairies..."

 

Sullens avait quelques vignes (lieu-dit "en vignules"). En 1760, par exemple, le gouverneur était allé porter une déclaration certifiant qu'on ne vendait que du vin du pays (du lieu) à Sullens.

 

Sullens aura finalement une auberge,

car il existe un règlement,

mais... daté du 30 août 1803 !  

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"Les Herbettes"  

Lè z'Herbè, lè Medez-Herbè (les mange-herbe). Les ménagères de Sullens n'avaient pas beaucoup d'affinité pour la viande et préféraient des plats plus végétaux. Elles apprêtaient de ce fait surtout les herbes, c'est-à-dire des épinards, pissenlits et autres.
 

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