3 décembre 2011 6 03 /12 /décembre /2011 09:44

   

"Copie de la Requête de la Ven. Classe de Lausanne à LLEEces au sujet du bois dû à la Cure de Cheseaux par la Commune de Sullens, ou en place d'Iceluy 36 florins par an"

 

C'est l'en-tête d'une lettre du 3 mars 1744, mais dont l'histoire remonte à 1705.

 

Le pasteur de la paroisse de Bournens, Boussens, Sullens résidait à la cure de

Cheseaux, cure à laquelle Sullens, et seulement Sullens, devait annuellement douze chars de bois "à brûler",

 

"Lesquels douze chars de bois ledit seigneur ministre estoit dans l'obligation de faire couper et charrier à ses propres frais..."

 

Probablement que le seigneur ministre n'avait pas trop de goût pour le bûcheronnage et que des difficultés surgissaient souvent, car en 1705

 

"... pour faciliter.... et éviter toute plainte de part et d'autre...",

 

les communiers de Sullens et le pasteur Isaac Demierre se mirent d'accord pour remplacer cette cense en nature par une prestation en argent. On réclamait d'abord 40 florins. Finalement, on convint de la somme de 36 florins payable chaque nouvel an.

 

Pour une cense devant durer "à perpétuité", il fallait un notaire, Jean Baptiste Henriod , justicier à Cossonay, et l'approbation de la vénérable classe de Lausanne qui chargea

 

"... les spectables, doctes et savants Jean Pon, fidèle ministre du St-Evangile à Daillens et Daniel Roux, ministre des églises de Crissier et Bussigny d'examiner ladite représentation... "

 

Tout ce monde se rencontra à la cure de Cheseaux, les deux ministres donnèrent un avis favorable, c'était le 23 juin 1705, et le 3 août on put signer la convention:

 

"… s'estoient personnellement constitués et establys les honorables Jean

Jaques Sechauux et Joseph Ramuz gouverneurs accompagnés... de Jaques Tapy, David Badan, Charles Bally, Claudy Sechaux, Jaques Ramuz l'ainé, Samuel Tapy, tous prudhommes et communiers de Sullens... qui ont confessé et confessent devoir ladite somme de trente-six florins de rente annuelle et perpétuelle..."

 

payable la première fois le 1er janvier 1706. Sullens hypothéquait, en garantie, un bois de douze poses dans la forêt du Devan.

 

Les temps passent, les prix varient, et au XVIIIème siècle aussi. Le bois en particulier devint plus rare, donc plus cher. Les forêts ne recevaient pas les soins d'aujourd'hui. Les trente-six florins ne suffiront bientôt plus pour chauffer la cure de Cheseaux:

 

"... Vu l'extrême rareté da bois survenue depuis ce temps-là, les trente-six florins qui sont payés au ministre ne peuvent guère fournir qu'au quart de l'affoyage de la cure..."

 

C'est ainsi que s'expriment les pasteurs en 1744 dans leur requête adressée à LLEE.

Lors de l'assemblée de leur classe, tenue "à Vevey", les ministres qui souhaitaient une amélioration de cette rente, constatent alors avec effroi qu'en 1705 l'accord n'avait pas été soumis à l'approbation de Berne ! Il faut donc prendre des gants pour rédiger leur requête:

 

"Illustres, Hauts, Puissants & Souverains Seigneurs..."

 

voilà pour l'entrée en matière.

 

Et on adresse

 

"... une très humble, mais simple el naïve exposition du préjudice très considérable arrivé à la cure de Cheseaux par la faute de ceux qui nous ont précédés..."

 

La faute, c'est de n'avoir pas demandé leur accord. Mais on s'en remet à "leur haute sagesse" ! Et l'on suggère l'augmentation de la cense "vu l'extrême rareté... ", rien de plus. Et tout cela

 

"... avec le respect le plus profond el la soumission la plus parfaite"

 

et c'est signé:

 

"Vevey, le 3 mars 1714, les très humbles et très obéissants et fidèles sujets..."  

 

Et suivent six signatures; Dulon, de Vevey, B. Mottaz, second pasteur de Montreux,

Portaz, de Corsier, Marindin, 3ème pasteur de Vevey, A-L Decoppet de Rossignière et B. Barraud, pasteur de la Tour.

 

Malgré tant de soumission, de respect et de précautions oratoires, Leurs Excellences n'accordèrent pas la hausse demandée ! On ne connaît pas la teneur de la réponse, mais dans les comptes, on lit d'année en année: 36 florins ! Et Sullens a continué de verser la contribution pour I'affoyage de la Cure de Cheseaux jusqu'en... 1838 !

Même si c'est Frs 14.40, ce qui correspond bien à cette époque à 36 florins !

GC



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"Les Herbettes"  

Lè z'Herbè, lè Medez-Herbè (les mange-herbe). Les ménagères de Sullens n'avaient pas beaucoup d'affinité pour la viande et préféraient des plats plus végétaux. Elles apprêtaient de ce fait surtout les herbes, c'est-à-dire des épinards, pissenlits et autres.
 

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