17 mai 2012 4 17 /05 /mai /2012 05:37

G.C.

L'INCENDIE

 

La crainte de l'incendie est toujours très vive, surtout à la campagne, et d'autant plus autrefois ou les moyens de lutte étaient très limités.

 

On se montrait alors très solidaire. C'est pourquoi les comptes des communes mentionnent des aides aux sinistrés. Ainsi en 1726 :

 

  • Livré à des incendiés de rière Lausanne : 9 sols
  • Idem à un incendié de Romont : 3 sols

 

Nous n'avons pas de comptes pour les années 1726 à 1744, mais en 1746 :

 

  • Livrés à des brûlés de Corcelles : 6 sols
  • Livré à un brûlé du bailliage d'Aubonne : 3 sols

 

En 1747 l'incendie frappe plus près :

"Payé à ceux qu'on a fait rester pendant toute la nuit faisant grand froid à l'incendie de Bioley Orjulaz, étant 5 qui ont dépensé... 2fl. 6 sols que j'ai remboursé... et bu ici 2 pots, monte 4 fl."

Et la même année, en plus de 3 sols aux 2 incendiés de Bioley, on accorde 3 sols à des incendiés de "Neuchâtel".

 

Mais ce n'est pas tout pour cette année 1747 :

 

"La nuit du 13e au 14e juin, il a brûlé onze maisons à Morrens, 20 hommes de Sullens y sont allés, payés chacun 4 sols 6 deniers …"

 

Cet incendie frappe tellement les communiers de Sullens qu'on procède ce même 14 juin à une visite des cheminées, effectuée par tout le conseil, ce qui lui a donné faim et soif : 10 pots de vin, 4 florins de pain et 1 de fromage !

 

Les visites de cheminées se faisaient deux fois l'an et les "défaillants" étaient amendés.

C'étaient très souvent le gouverneur qui était chargé de ces contrôles.

 

Mais les gens de Sullens ne sont pas rassurés pour autant :

"La Commune assemblée le 20e juin a trouvé qu'il est dans l'indispensable nécessité de faire tous les réservoirs d'eau possible dans ce village pour y avoir recours en cas d'incendie dont Dieu nous préserve. Vu que si ce malheur arrivait, il n'y aurait pas dans ce lieu pour un quart d'heure d'eau..."

 

On décide alors de construire un "grand carré de murailles" aux Ochettes, et d'approfondir le grand fossé "des saulons" (saules). Et on ne perd pas de temps : le 24 juin, on charge Maître Cuérel, maçon, d'exécuter ce travail avec la pierre de la carrière publique. On refait aussi le puits principal, on creuse un fossé "aux Clous". Nouvelles visites des cheminées les 7 juillet, 17 et 23 octobre.

 

Il ne suffit pas d'avoir de l'eau. Sullens n'a pas encore de pompe, on utilisait alors des sceaux de cuir. On en commande de nouveaux : les comptes de 1748 mentionnent :

 

"Pour les 12 brochets que l'on a donné l'ordre de faire, l'hble commune en doit payer six, pour les six autres, ils devront être payés par les particuliers à proportion des terres que chacun possède..."

 

 

Comme il vaut mieux prévenir que guérir :

 

"On a aussi résolu de défendre de fumer par les rues et tous ceux qui y fumeront payerons 6 sols d'amende. Chaque communier étant par son serment obligé d'en faire rapport. Aussi bien que ceux qui fumeront dans les granges et les écuries …"

 

Apparemment, Sullens n'était pas trop bien équipé pour lutter contre l'incendie. Ce n'était pourtant pas faute d'avoir été mis en garde. En effet, le24 avril 1719, le bailli de Morges Sigismond Berseth, avait adressé un mandat à ce sujet :

 

"LLEE nos souverains seigneurs voyent avec déplaisir des fréquents incendies... qui arrivent la plus grande partie du temps par négligence et pour défaut d'avoir dans les villages des échelles, crochets et seillons de cuir …" et ordonné de faire le nécessaire "incessamment" et "à peine de châtiment lorsque l'on fera la visite"

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En 1758, c'est à Juriens que l'incendie a fait des ravages que l'on peut supposer sérieux puisqu'un mandat pour une collecte a été lu en chaire par le pasteur chargé de récolter les dons. La commune versa 6 fl. Et la même année 9 sols pour Belmont.

 

En 1760, il y a des incendies à Oulens et Villars-le-Terroir, en 62, à Mollens et Bière, à Pampigny en 63, Chavornay en 65, et collecte au village en 68 pour les incendiés de St-Livres. Etc.

 

La lutte contre l'incendie fait des progrès : en 1783, la Commune désire acquérir une pompe et sollicite un subside. La "seringue" est acquise grâce aux contributions des particuliers et celles des villages voisins. Elle sera logée dans une remise munie d'une serrure ! En 1786, on paie 1 fl. 6 sols aux 16 hommes qui l'essayent' Ce n'est pas en vain car l'incendie frappe Sullens en 1788 ; les comptes nous apprennent que le vin et les chandelles pour le jour de l'incendie et le lendemain ainsi que le vin bu par les étrangers ont coûté 39 fl. Avec la rémunération des aides (pour la mise en ordre) on atteint la somme de 55 fl.

 

Pour indemniser les incendiés, on leur accorde des mises (de bois).

 

Et en 1789, c'est à Boussens qu'éclate un incendie, où l'on utilise naturellement la "seringue". Ceux de Sullens qui sont allés prêter main forte ont eu soif : 12 fl. de vin !

 

Et le dernier compte du XVIIIème que nous avons, celui de 97, mentionne encore un

"Esandie" à Cheseaux.

G.C.


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"Les Herbettes"  

Lè z'Herbè, lè Medez-Herbè (les mange-herbe). Les ménagères de Sullens n'avaient pas beaucoup d'affinité pour la viande et préféraient des plats plus végétaux. Elles apprêtaient de ce fait surtout les herbes, c'est-à-dire des épinards, pissenlits et autres.
 

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