13 juin 2012 3 13 /06 /juin /2012 05:41

 

G.C.

 

Il n'était pas facile d'être accepté comme nouveau bourgeois dans nos communes vaudoises. Il fallait payer un droit d'admission assez onéreux. Il arrivait même parfois qu'on n'accordât la bourgeoise qu'à titre personnel, sans report sur la descendance.

Ainsi le 16 juin 1741, conseillers et communiers de Sullens, réunis, au nombre de 20, tous nommément inscrits dans l'acte dressé par le notaire juré Henriod,


"... agissant tant à leur nom que tout le reste de la communauté dudit lieu dont ils ont charge et se font fort avec promesse de faire agréer les présentes aux absents... étant requis... bien informés pour eux et leurs successeurs... ont receu admis et associé, comme par les présentes ils reçoivent admettent et associent... au rang et nombre de leurs bourgeois dudit Sullens : honnête Pierre Galey, demeurant à Senarclens, présent pour lui et les siens acceptant, pour ICELUY pouvoir tant seulement pendant sa vie jouir, percevoir et posséder de tous les biens, libertés et privilèges de ditte commune...- sans qu'aucun enfant qu'il pourra avoir dans son mariage avec Pernette Crochet, veuve d'Isaac Ramuz dudit Sullens, avec laquelle il est fiancé,... tant seulement pendant sa vie, et tout autant qu'il ne contractera pas un autre mariage..."

 

Comme on le voit, toutes les précautions sont prises : on ne veut pas d'autres Galey dans la Commune !

 

Et pour quel prix ? Pour la somme de deux cents florins, outre demi-pot de vin à chaque communier présent.

L'acte est dressé devant témoins : "Maitre Jean Pierre Cueres de Villars Ste Croix et d'honn. Jacob Louÿs Prenleloup de Cossonay, officier dudit lieu témoins connus et à ce requis"

Le présent acte n'est d'ailleurs valable qu'avec l'agrément de Madame de Sullens, qui l'avait accordé préalablement dans une lettre datée de 12 juin 1741 adressée au châtelain Henriod :


"... il est vray Monsieur que les conditions que vous faites avec cet homme pour sa postérité qui n'y est point comprise dans la bourgeoisie est une raison pour authoriser qui luy (qui lui) en coule si peu, ainsi je consens à votre délibération..."

 

... "à Lausanne, ce 12e juin 1741 De Sullens".

 

Effectivement, c'est peu, en comparaison du cas suivant :

C'est le bouillon d'une lettre préparée par le lieutenant Henriod :

 

"Mr Corbaz ayant fait faire une proposition à la Commune pour demander à se faire passer bourgeois, laquelle Commune après examen et vu que ledit Mr Corbaz passe pour un honnête el brave homme n'a pas voulu lui refuser laditte passation au moyen qu'il payera pour sceller la somme de mille florins, un demi char de vin et à chaque communier un chapeau et outre cela il fera faire un brochet (1) de la qualité de ceux que la commune a fait faire dernièrement".

 

Daté du 3 avril 1752.

 

Etait-ce trop cher ? On l'ignore, mais dans les comptes des années suivantes, on constate que

Mr Corbaz paie 12 fl. 6 pour sa soufferte, jusqu'en 58. A partir de là, il figure au nombre des communiers, il sera même recteur en 65. On ne connaît pas les conditions de son admission mais il a signé une lettre de rente en faveur de Sullens, au montant de 450 fl., à 5%. On lit les intérêts de 22 fl. 6 dans les comptes du recteur jusqu'en 1789; les dernières années, ils sont payés par sa veuve.

 

Une autre demande d'accession à la bourgeoisie a été déposée en cette année 1752.

 

"Jacques de feu Joseph Dumoulin, élevé en ce lieu souhaiteroit fort que laditte Commune voulût bien le recevoir pour un de ses bourgeois... ledit exposant ayant toujours été reconnu pour un brave et honnête homme... c'est pourquoi laditte Commune veut bien le recevoir pour l'un de ses bourgeois, sous l'approbation du Noble et Généreux Seigneur de ce lieu et sous les conditions suivantes : 

 

1- que ledit Dumoulin paiera... deux cents francs de dix batz (ce qui fait 500 fl.)

2- qu'il fera faire un brochet...(1)
3 - ... qu'il donnera deux pots de vin à chaque communier et un pot à chaque ménage qui ne sont pas membre de commune
4 - qu'il ne pourra pas... se désister... de (son ancienne) bourgeoisie...
5 - que s'il avenait qu'il eût un ou plusieurs enfants males, il sera obligé... de payer cent franc... outre les deux cents francs ci-dessus..." .

 

Dumoulin, on le comprend, a demandé une copie de ces conditions, aux fins qu'il puisse faire des réflexions qu'il jugera nécessaires, ce que la Commune luy a accordé"

Ce Dumoulin devait être un bien brave garçon à qui on ne voulait pas faire de la peine en lui disant non d'entrée. On cache le refus par des conditions trop élevées. De Dumoulin, on ne trouve plus trace : il avait "fait des réflexions" et compris !

L'année suivante, un document (brouillon ou copie de l'acte) rapporte une nouvelle admission :

 

"Assemblée en corps de Commune sous la présidence de Noble et Généreux Charles D'Albenas Lieutenant Colonel et Seigneur de Sullens.

Réception pour membre de la Commune de Discret et Prudent Jean Bossy avec son fils unique, Jean. Pour la somme de sept cent cinquante florins... soit "un beau et bon" horloge en place, outre un... brochet... un chapeau neuf à chaque membre de ladite commune et cent et vingt florins de vin... pour foy de quoy ledit Noble et Généreux Seigneur dudit Sullens a pose le scel de ses armes proches de sa signature, ce susdit jour seizième avril 1753".

 

Il y a une adjonction :


"Sous cette réserve expresse que les dits Bossy père et fils obtiendront de LLEE...".

 

LLEE ont donné leur approbation car le nom des Bossy figure désormais dans les documents de nos archives.


 (1) le brochet est un sceau en cuir (broc), voir le chapitre "Incendies"


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"Les Herbettes"  

Lè z'Herbè, lè Medez-Herbè (les mange-herbe). Les ménagères de Sullens n'avaient pas beaucoup d'affinité pour la viande et préféraient des plats plus végétaux. Elles apprêtaient de ce fait surtout les herbes, c'est-à-dire des épinards, pissenlits et autres.
 

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