26 juillet 2011 2 26 /07 /juillet /2011 05:42

 

G. Chamot

 

 

La Révolution vaudoise s'était déroulée sans trop de douleur, et surtout sans trop de sang versé. La suppression des droits féodaux avait naturellement, le 10 novembre 1789, été accueillie avec une grande satisfaction par les paysans. Aussi, lorsque le gouvernement helvétique, pour faire face aux énormes difficultés financières, décréta le 6 octobre 1800 la perception des dîmes et cens, y compris les arriérés depuis 1789, le mécontentement fut immédiat, et s'exprima avec vivacité, y compris dans le Canton du Léman (comme s'appelait le nôtre).

 

C'est alors que se manifestent les BOURLA-PAPEY , les Brûleurs de papiers. Comme les listes des dîmes sont contenues dans les terriers (registres) aux mains des seigneurs: il faut détruire ces documents !

 

L'idée se répandit, et dans la nuit du 19 au 20 février 1802, les mécontents s'attaquèrent au château de La Sarraz, alors inhabité: on jette les archives dans la Venoge, on les brûle sur le Mauremont !

Le départ donné, d'autres châteaux suivront le même sort, surtout dans les régions de Morges, Cossonay et la Côte.

Le mouvement prit de l'ampleur. Des troupes paysannes se groupèrent et se rendirent à Lausanne. Les insurgés tentèrent de s'emparer du gouvernement les 1er et 8 mai. Le gouvernement helvétique envoya des troupes et un commissaire spécial, nommé Kuhn fort habile, qui réussit à calmer la situation.

 

Et à Sullens  On attendra le 6 mai pour réagir, et aller réclamer les terriers à leur ci-devant seigneur. Ce dernier était-il sur place ou à Lausanne, toujours est-il qu'il ne se laissa pas impressionner et fit alerter Lausanne, ce qui valut aux citoyens de Sullens une mise en demeure fort nette, comme on peut en juger ! C'est une lettre sur papier vert avec, imprimés, les mots: LIBERTE EGALITE (la "fraternité" est déjà tombée !?!) et dessous "République Helvétique".

 

Pliée en quatre, on obtient le format de l'enveloppe C5, où se trouve l'adresse:

 

"Aux Fonctionnaires Publics et aux citoyens de la Commune de Sullens

Pour être remise à l'Agent National ou au Président municipal, à Sullens

Service national très pressé

Le préfet national (signé) Henri Polier"


et, écrit sur le côté:


"Partie le 8 mai 1802 à 4 heures du matin"


Déplions la lettre-enveloppe, nous lisons:

 

Bernhard Fréderic KUHN, Membre du Petit Conseil, Commissaire Général et extraordinaire du Gouvernement dans le Canton du Léman.

 

Aux fonctionnaires publics et aux Citoyens composant la Commune de Sullens, au district de Cossonay.

 

Salut républicain !

 

Etant informé qu'entraînés par les coupables exemples d'un trop grand nombre de Citoyens de ce Canton, quelques uns d'entre vous ont méconnu les droits de la propriété au point de s'introduire dans le domicile du Citoyen d'Albenas et de demander avec autorité la remise en vos mains de tous les titres de la ci-devant terre de Sullens, dans le but de les détruire et que sur l'allégué qu'ils ne sont pas déposés dans sa Maison à Sullens, ils ont poussé l'oubli de toute justice jusqu'à menacer de piller sa maison et de l'incendier, si ces litres ne vous sont pas livrés dans la journée de demain; C'est d'après ces faits connus, qu'agissant au nom du Gouvernement, je place la maison et les propriétés du Citoyen Ls d'Albenas sous votre responsabilité, en sorte que vos biens communaux et particuliers en sont et demeurent garants, vous déclarant au surplus que j'ai intimé au dit Citoyen la défense formelle de vous remettre faire remettre les titres en questions.

Citoyens de Sullens ! Sachez que si la juste sévérité du Gouvernement parait suspendue, elle est prête à éclater, malheur aux coupables !

 

Donné sous ma signature et sous le Sceau de la Préfecture du Léman, à Lausanne, le 7 Mai 1802

 

Le sceau

(inscription)

– signé Kuhn, membre du petit conseil et

commissaire du Gouvernement Helvétique

 

REP HELVETIQUE CANTDULEMAN

PREFET NATIONAL

 

(L'écriture de la lettre est celle d'un secrétaire,

signature et titre de la main de Kuhn)

 

La lettre est écrite recto verso. Mais le texte du verso n'occupe que la moitié de la page. Le reste de la page est occupé par le rapport du préfet Polier. Pas de place perdue ! L'écriture est celle du préfet ou d'un autre secrétaire. Comme le contenu est intéressant, le voici:

 

"Le Préfet National soussigné déclare qu'ayant invité le Citoyen Louis d'Albenas de lui déclarer à quelle somme il estime en sa conscience que ses bâtiments à Sullens et tous les meubles et effets quelconques qu'ils renferment peuvent s'élever, le dit Citoyen a dit qu'au plus pres de sa conscience le tout vaut intrinsèquement dans son état actuel, au moins vingt cinq mille écus soit £ 50'000 de Suisse, en foi de quoi il a signé avec moi Préfet National la présente déclaration, à Lausanne le 8.Mai 1802:"

 

(2 signatures)

 

 

"Henri Polier Préfet NL"                                 "L. DAlbenas"

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"Les Herbettes"  

Lè z'Herbè, lè Medez-Herbè (les mange-herbe). Les ménagères de Sullens n'avaient pas beaucoup d'affinité pour la viande et préféraient des plats plus végétaux. Elles apprêtaient de ce fait surtout les herbes, c'est-à-dire des épinards, pissenlits et autres.
 

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